Je ne te parle pas. Quelque chose m'en empêche. Je sais pas c'est quoi... Mais je te regarde. Merde, je me sens comme Hinata. À admirer sans bouger. Pour toi, je ne suis rien. Je suis l'inconnue, la connaissance, celle qu'on voit au passage dans un couloir et sur qui on lève à peine les yeux. Pour moi, tu es différent. Pour moi tu es celui qu'on regarde du coin de l'oeil, qu'on songe nuit et jour. Celui qu'on aime en silence. Au fond je te connais pas. Mais je te connais assez pour être en maudit contre tout. Je te connais assez pour t'aimer. J'essaie d'attirer ton regard, que lors de mon passage dans le couloir, que tu lève les yeux un peu plus longtemps pour moi. Mais plus le temps passe, plus je te sens glisser entre mes doigts. Le pire, c'est que je suis même pas capable de te rattraper. Malgré tout mes efforts, ça fait 2 ans que j'ai l'impression de faire du surplace. Je suis une timide excessive. Te parler c'est comme soulever une auto. Ça rime à rien, ça me fait juste mal. Ya pas d'autres résultats qu'une accumulation d'échecs. Ça me décourage, ça me fait perdre ma confiance, ça me fait perdre mon espoir. Je perd mon courage. Mais pas mon amour. Pas ces sentiments qu,on veut oublier. J'ai cru un instant que j'avais arrêté de t'aimer, mais au fond, c'est toujours là, au fond de mon coeur. Ça me brûle et ça m'obsède.
Et il y a celle-là. Celle que tu sers si fort dans tes bras. Celle que tu embrasse tendrement. Celle à qui tu dis "Je t'aime". Celle qui n'est pas moi. Celle qui est mon contraire, mon opposée. J'ai du mal à supporter que ce soit elle. Ça me fait chier et j'y peut rien. Je suis une jalouse, une possessive, je l'ai dit. Oui, j'ai honte. Ce sentiment ne devrait pas exister. Mais il est là, et il grandit de jour en jour. La rage de l'inaccessible. Je sais que votre histoire ne dureras pas longtemps. Au début, j'avais l'impression que ça me réconfortait, comme si ça allait changer le cours des choses. Comme si le fait que tu ne sois plus avec elle allait augmenter mes chances d'être avec toi. Mais au fond, ça change tellement rien. Tant que je foutrai rien, y'aura rien. Mais c'est ça le truc... je sais plus quoi faire. L'amour c'est pas supposé faire souffrir. Mais voilà, c'est la fatalité.